Il y a des maisons qui se contentent d’abriter. Et puis il y a celles qui vivent au rythme de ceux qui les traversent.

Aux Songes d’Élise, les journées d’été commencent souvent bien avant les premiers visiteurs dans la cuisine. À quelques exceptions près, je suis généralement le premier levé. J’aime ce moment suspendu où la maison dort encore, où la lumière du matin s’installe doucement dans le grand salon et où commence le petit rituel du petit déjeuner.
Je veille à ce que tout soit prêt, sans rien oublier. Certains matins, je pars chercher le pain frais et quelques viennoiseries à la boulangerie. D’autres fois, je commence par préparer le café, le thé ou le chocolat chaud que certains apprécient encore même lorsque l’été est déjà bien installé.
Puis la table prend forme peu à peu : les fruits, les produits laitiers, le beurre, les confitures, parfois du fromage, parfois de la charcuterie lorsque cela a été demandé. Et il y a aussi les envies plus gourmandes. J’aime préparer des gaufres, des crêpes ou des pancakes lorsque le temps et l’inspiration le permettent.
C’est d’ailleurs une des choses qui m’a le plus surpris depuis que j’accueille des voyageurs : le petit déjeuner français traditionnel, avec son pain, son beurre et sa confiture, a beaucoup évolué. Les habitudes changent, les envies aussi. Certains recherchent la simplicité, d’autres un repas plus copieux avant une randonnée ou une longue journée de découverte. Finalement, il n’existe plus un petit déjeuner, mais une multitude de petits déjeuners.
Et puis viennent les premiers signes du réveil de la maison. Un plancher qui craque à l’étage. Des pas dans l’escalier. Une porte qui s’ouvre. Les premiers « bonjour » encore un peu ensommeillés.
La maison s’éveille alors pour de bon.
Au fil des heures, elle recueille des accents venus d’ailleurs, des récits de voyage, des projets de vacances, des éclats de rire et parfois des confidences échangées tard le soir sur la terrasse, lorsque la chaleur du jour laisse enfin place à la fraîcheur des Mille Étangs.
Puis vient le temps des départs. Une dernière valise glissée dans un coffre, un casque attaché sur un vélo, une selle resserrée avant de reprendre le chemin, un moteur qui démarre ou simplement quelques pas qui s’éloignent sur le gravier.
Et presque toujours, un dernier signe de la main échangé devant le portail.
Les voyageurs repartent à pied, en voiture, à vélo ou parfois même à cheval, emportant avec eux un morceau de cette parenthèse vosgienne. Quant à la maison, elle retrouve peu à peu son calme, jusqu’aux prochaines arrivées et aux prochaines histoires à partager.
C’est peut-être cela, finalement, l’esprit des Songes d’Élise : une maison ancienne qui aime les rencontres, les conversations qui prennent leur temps et les parenthèses de calme que l’on emporte avec soi bien après avoir refermé le portail.

Laisser un commentaire