Des transats, des livres… et des rencontres qui donnent la patate

L’été suit son cours aux Songes d’Élise. Les transats sont là, installés à l’ombre des vernes, des cerisiers et des pruniers. Merci à mes hôtes qui m’ont soufflé l’idée… Ils avaient raison. On y lit, on y rêve, on y fait la sieste. On y refait le monde. La nuit on compte les étoiles filantes…

Mais ce qui continue de donner vie à la maison, ce sont les rencontres.

Il y a eu ce couple venu d’Île-de-France. Lui, 78 ans, marche avec difficulté après une double amputation des orteils. Ancien financier reconverti, il sillonne depuis plus de quinze ans les routes de France avec sa compagne, 54 ans, au volant de leur camionnette. Ils vendent des fromages et de la charcuterie sur les marchés, animent des foires, partagent leur bonne humeur et une belle tranche de vie. Malgré les coups durs, ils rayonnent. Une complicité joyeuse, une force tranquille. Un couple qui vous redonne la patate, tout simplement.

Comme ce jeune couple ukrainien de retour d’Espagne où ils se sont posés quelques jours, loin du front où ils sont tous les deux engagés. Ils sont arrivés de nuit, fatigués mais les yeux gorgés de souvenirs. Ne parlant pas un mot d’anglais cette jeune fille d’à peine vingt ans, s’est arrêtée, émerveillée, devant ma bibliothèque mimant des petits cœurs avec les doigts. Elle s’est agenouillée toute émue devant la vieille machine à écrire Remington de mon père. Des gestes simples, silencieux, qui parlent plus fort que bien des mots.

Que dire encore de ce motard japonais de 77 ans, traducteur d’ukrainien en allemand, toujours sur les routes, l’énergie intacte. Ou encore de ce Français, expatrié en Australie depuis quarante ans, qui devait rester une nuit… il est resté quatre.

Aux Songes d’Élise, il y a des chambres, certes. Mais surtout, il y a des histoires. Et parfois, un peu de magie.

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